Dans un TikTok posté par la Maison Blanche le 21 novembre 2025, légendé « Ahhh that deportation feeling… », on peut voir Donald Trump avancer, poitrail dehors, cravate rouge au cou et poings serrés, dans un couloir du bureau présidentiel au son de la musique Defying Gravity de Cynthia Erivo. Une fraction de seconde plus tard les images s’enchaînent : celles d’une migrante débraillée, puis de G.I. musculeux retroussant leurs manches avant de courser le long d’un grillage l’un.e de celleux qui tenteraient de s’enfuir. La vidéo n’étant plus disponible sur le compte officiel de la Maison Blanche, je suppose qu’elle a entretemps été supprimée et en réalité cela m’étonne – peut-être même plus que l’effroi qui m’a saisi en tombant sur cette capsule vidéo ce samedi soir alors que j’attendais à Ivry-sur-Seine un métro 7 qui n’arrivait pas.
Conçue pour promouvoir l’ICE (U.S Immigration and Custom Enforcement), cette vidéo appartient à une stratégie de communication globale de la Maison Blanche qui, depuis août (date de création dudit compte TikTok), utilise tout type de trend pour mettre en scène son administration et ses politiques d’extrême-droite. On ne peut s’empêcher de se demander : comment en sommes-nous parvenus à un tel niveau d’indécence ?
Même les commentaires ont un goût de tristesse, et laissent une sale amertume tout autour de la bouche. Tout le monde s’offusque, s’étonne. Dans l’avalanche émétique d’images qui nous assaillent chaque jour, celle-ci m’a attaquée plus que les autres. Ça aurait pu être celle où Donald Trump, couronné d’une tiare en toc, pilote un hélicoptère pour asperger de merde ses opposants. Ça aurait pu être celle d’Aylan Kurdi, cet enfant syrien de trois ans retrouvé mort, la tête écrasée dans le sable d’une plage de Bodrum. Ça aurait pu être Cyril Hanouna s’égosillant sur un plateau télé pour déballer ses obscénités habituelles, le nez bourré de coke. Ça aurait pu être l’obscénité de ce paysage de montagne, immense et paisible, qui s’est offert à moi le 21 juillet dernier alors qu’à Gaza l’armée israélienne était accusée tué plus de mille personnes en quête de nourriture depuis mai.
Il y a quelques années, je me rappelle avoir rendu visite à l’un de mes proches, hospitalisé à la clinique psychiatrique de Fond’Roy, à Bruxelles. À la cantine, alors que nous dégustions je ne sais plus quelle compote, il m’avait dit, depuis les tourbes de sa fatigue : « Tu veux savoir ce qui me rends vraiment triste ? »
J’aurais voulu dire non.
« J’en peux plus des gens qui pensent que n’importe quel pet de leur esprit a valeur d’opinion. »
Sur le moment j’avais ri. Peut-être que je ne mesurais pas combien il avait raison et combien en effet l’impudeur que les gens entretiennent à leur propre bêtise est un motif d’internement suffisant. Ce n’est pas la première fois que je veux écrire cet article. Il y a trois ans, déjà, lors du meurtre de Lola Daviet, les réactions parvenues d’une certaine frange de notre paysage politique m’avaient semblé intolérable par leur obscénité nauséabonde. Je m’étonnais qu’on ne s’en indigne pas assez. Même stupeur lorsque, en 2024, Emmanuel Macron balance à un homme venu l’interpeller au sujet de l’implication de la France dans l’histoire coloniale de son pays que les dirigeants de Haïti étaient « complètement cons ».
Et je pourrais enchaîner les exemples longtemps encore tant ces saillies ordurières sont nombreuses à nous parvenir, tous les jours. Chaque fois, ce qui me frappe n’est pas seulement le caractère scandaleux de leur contenu – que l’extrême-droite capitalise sur la mort d’un enfant pour en faire son beurre politique n’a rien d’étonnant ; qu’un ancien banquier d’affaire dévoile par accident l’ampleur de son mépris non plus – mais l’aisance de plus en plus décomplexée avec laquelle ils se permettent de tenir ce type de discours. Que la Maison-Blanche, palais présidentiel de la première puissance mondiale, puisse publier ce type de vidéo mortifère sans la moindre honte sur ses réseaux sociaux ou laisser son chef d’État proposer en toute détente de faire de Gaza une station touristique de luxe, ne peut qu’inspirer la terreur sur ce que nous laissons le monde devenir.
Comment avons-nous pu en arriver là ? Depuis quel endroit de notre âme parvenons-nous encore à rire de cet effondrement accéléré de notre sens éthique ?
Quelques jours après cette fameuse vidéo TikTok, je marchais rue Vaugirard dans la touffeur d’une nuit humide en écoutant un de mes podcasts préférés, une série de cinq entretiens entre Laure Adler et Georges Steiner[1]. Dans l’épisode « La lecture, le livre et la transcendance », alors que l’autrice l’interroge sur ce qu’il appelle « l’ère de la chute de la grâce de l’homme », celui-ci déclare : « Songez, on estime à 70 millions les victimes de Staline et de Lénine, songez au moment où Pol Pot a enterré vivant (…) cent mille hommes, femmes et enfants au Cambodge, et que le monde n’a pas bougé. L’Angleterre a vendu les armes aux Khmers rouges. (…) Tout le monde savait. C’était à l’écran. Dans ce monde-là, le seuil de l’humain, le minimum d’être homme a baissé. A baissé grandement. »
Il ajoute : je ne peux plus m’imaginer, à la télé, à la radio du matin, une nouvelle d’atrocité à laquelle on ne croirait pas. Et ça c’est tout nouveau. Et voilà où j’en étais rendue, sous la bruine souffreteuse du 15ème arrondissement, frappée par la puissance de ce constat : notre seuil d’humanité a baissé. Et ce mouvement de recul s’accélère de plus en plus rapidement.
Quelques jours plus tard, nous sommes dimanche, j’ai bu la veille et je gis dans mon lit, écrasée par la gueule de bois. Je n’ai la force de rien ou de pas grand-chose, je me tourne et me retourne sous le regard inquisiteur de mon chat. Il faudrait que je me lève pour faire cinq-cents mètres jusqu’au Monoprix acheter des légumes, et même de cela je me sens incapable. C’est le moment que ma mère choisit pour m’appeler, synthétisant des jours d’une angoisse accrue par les récentes prises de parole de l’État-Major des armées au sujet d’un plus que probable conflit armé avec la Russie d’ici 2030. Tout commence à s’embrouiller dans mon esprit et je lui vomis, pêle-mêle, la soupe frémissante de mes récentes inquiétudes.
Parmi toutes les pensées que nous avons balayées durant ce court appel – que j’ai fini par couper en plein développement, sous prétexte de devoir foncer au Monoprix pour m’y acheter une courge -, la réflexion de ma mère qui m’a le plus marquée fut la suivante : ce qui est réellement inquiétant, au sujet de la panique qui a saisi la France à la suite de cette alerte émise par le général des Armées, c’est que nous nous sommes contentés de relayer la phrase la plus percutante de son discours (« Il faut nous préparer à perdre des enfants ») sans même prendre le temps de l’écouter en entier.
Les scientifiques l’attestent, notre niveau d’attention est en train de baisser drastiquement. Il est aujourd’hui estimé à 8,25 secondes pour un adulte dit « normal » (c’est-à-dire neurotypique), ce qui est inférieur au taux de concentration d’un poisson rouge. Loin de vouloir tomber dans une quelconque panique morale, je tiens à présenter ici mes réserves quant au discours que je vais tenir, qui est d’abord de nature émotionnelle, et qui concerne avant tout ma propre expérience du monde et de mon développement intellectuel, si modeste soit-il. Par ailleurs, je tiens à dire ma méfiance pour les outils de mesure de l’intelligence (une notion nébuleuse et pétrie d’enjeux coloniaux, sexistes et validistes), dont certaines attestent une hausse constante du niveau de QI mondial. Je signale, enfin, l’existence d’une importante littérature à propos de la panique morale autour de ces dernières idées fausses, et des biais d’analyse qui les composent[2].
Mais tout de même, et à ma petite échelle donc, ma mère venait de soulever un point important. J’avais passé les derniers jours à pleurnicher dans des bars avec Léana, en me demandant si j’allais oui ou non me préparer à la guerre en fourrant cinq-cents balles en liquide et des comprimés d’iode dans un carton fermé de mon armoire. L’essentiel de ma crainte provenait de ce dont je nourrissais ma pensée, à savoir des titres d’article qu’au mieux je survolais, quelques TikTok, une consultation rapide sur ChatGpt des différentes engeances impliquées dans cette corde tendue de la géopolitique mondiale (c’est quoi le rapport que Trump entretient à l’OTAN, déjà ?), et un ou deux post dénonçant la militarisation rampante de l’Europe sur Instagram. Moi non plus, je n’avais pas pris le temps d’écouter l’entièreté de ce discours. J’étais trop paresseuse pour ça.
M’a saisie l’idée que cette paresse, même venue du fond de mes positions politiques, que j’espère humanistes, progressistes, et profondément à gauche[3], était évidemment l’origine du problème. Rien de neuf sous le soleil : cela fait quelques années que l’on parle de plus en plus (et c’est tant mieux !) du concept de déplacement de la fenêtre d’Overton. Autre variante métaphorique, que j’ai moins vu passer dans les cercles militants que je fréquente, il y a la fable de la grenouille. On peut l’énoncer comme suit :
« Si vous plongez une grenouille dans l’eau bouillante, elle sera saisie par le choc, et s’échappera d’un bond. Mais si vous plongez une grenouille dans de l’eau froide, puis que vous augmentez la température progressivement, elle continuera à s’y baigner jusqu’à s’habituer – puis à l’engourdissement. »[4]
Plus évident encore, et pour revenir à cette idée de mollesse, il semble utile de rappeler le concept arendtien de banalité du mal[5], qui repose sur ce même présupposé d’ankylose morale – d’abandon du pouvoir de penser.
J’ai souvent peur (et je prends de l’âge, hélas, donc cette menace est chaque jour un peu plus réelle, proche et tangible) de ne pas me voir devenir cette connasse réactionnaire que l’adolescente fougueuse et romantique que j’étais méprisais tant. En septembre, par exemple, je me suis rendue au Point Éphémère pour y assister à une conférence donnée par Nicolas Framont à l’occasion de la sortie de son livre Saint Luigi. Comment répondre à la violence du capitalisme ?. Lors de la séance de questions-réponses, j’avais pris le micro pour proposer une piste de réflexion sur la manière dont on avait glamourisé l’affaire Luigi Mangione, notamment en en faisant une trend TikTok mais aussi en s’appropriant sa figure pour créer du merchandising produit par des entreprises chinoises à bas coût. C’est le propre du capitalisme appliqué aux cultures médiatiques : il aspire tout, jusqu’à la plus révolutionnaire des contestations. Cette intervention, dont je reconnais qu’elle était bafouillée et peu éloquente (certain.e.s ici le savent, j’ai une peur de parler en public qui confine à la phobie, ce qui rends en général peu claires mes prises de parole dans ce type de contexte), avait été accueillie un peu plus froidement que je ne l’aurais cru. Quelques questions plus tard, rebondissant sur la mienne, une autre femme avait émis l’idée que remettre de la joie dans nos parcours militants, se détendre un peu, en somme, lui semblait essentiel pour affronter l’âpreté du monde. On l’avait acclamée. Et même moi, j’étais – et suis toujours – d’accord avec elle.
Mais ça n’annulait pas mon idée qu’il nous fallait rester alerte quant à ce mécanisme « d’entertainmentification » de nos revendications politiques – car il est, selon moi, le mécanisme exact à l’origine de l’élargissement de la fenêtre d’Overton. Le primat du spectacle – de la forme plutôt que du contenu, stade achevé du capitalisme selon Debord – est ce qui tend à vider le propos de son sens. Nous dansons sur des cadavres sans plus remarquer qu’il s’agit de poches creuses. Comprenez-moi bien : lorsque Jean-Marie Le Pen est mort et qu’à République des milliers de manifestants se sont réunis pour festoyer à grand coup de champagne et de feux d’artifices, j’aurais voulu y être. Hasard du calendrier, j’étais occupée ailleurs ce soir-là, mais si ça n’avait pas été le cas j’aurais été danser avec les autres.
Je pense simplement qu’il est urgent que nous restions alerte quant aux mécanismes grâce auxquels les puissants engourdissent nos mécanismes de vigilance. Donald Trump et consort ne sont pas drôles : ils sont dangereux. Je crois qu’il faut faire attention à maintenir une posture de refus face à ceux et à celles qui tendent de faire des enjeux majeurs pour le futur de l’humanité – la politique, la lutte de classe, la préservation de notre planète – une espèce de farce grotesque qui nous ramène tout droit vers la cour de récréation. Encore une fois, cette critique s’applique d’abord et avant tout à celleux qui tiennent le rennes de ce désastre en toute complaisance : j’ai beaucoup d’admiration pour Jean-Paul Mayannobe, 74 ans, qui, il y a deux semaines, a jeté un œuf sur la tête de Jordan Bardella dans le Tarn-et-Garonne.
Quelques jours après ma crise existentielle, j’ai fini par supprimer TikTok[6]. C’est une application que j’aime beaucoup, qui m’a appris plein de choses, et dont je me sers principalement pour y trouver des idées de recette ou regarder des tutoriels pour me couper la frange. Mais rien ne saurait justifier le temps que j’y perds, à chaque semaine un peu plus conséquent. En outre, et je parle ici en mon nom, j’ai pu observer ces dernières années les effets délétères de ces successions d’images sur mon niveau d’intelligence et d’attention. Enfin, et je le dis avec toute mon affection pour le contenu qui s’y produit, je crois fermement que TikTok en particulier – pour son imaginaire de la « romantisation » – contribue à brouiller la frontière des faits et de la fiction. Or, cette. spectacularisation de la politique, que je déplore car elle tends à se généraliser, repose avant tout sur cette culture du storytelling qui n’a pour seule issue qu’un relativisme épistémologique qui détruit l’idée dans ses fondements. Comme le note Barbara Cassin dans son essai La Guerre des mots. Trump, Poutine et l’Europe :
« Le vrai problème du storytelling n’est pas qu’il fasse passer la fiction pour des faits, comme toute fiction qui se respecte, c’est qu’il fait aussi passer les vérités de fait pour de la fiction et les rends plastiques. »[7]
Après quoi j’ai pensé qu’il allait aussi falloir réfléchir à mon rapport à l’intelligence artificielle car, comme tout le monde, et c’est inévitable sans doute, je suis tombée dedans. Or, l’accélération de ses potentialités ainsi que notre niveau de dépendance à ces béquilles intellectuelles avance à une vitesse délirante – et les effets néfastes de son utilisation sur notre cognition également.
Je crois que l’affaiblissement de notre sens éthique et de nos capacités cognitives s’accompagnent l’un et l’autre. Il faut donc rester alerte quant à ce que le capitalisme numérique inflige à nos consciences. Sans vouloir verser dans un complotisme facile (type « La Chine a créé TikTok comme outil de softpower pour abrutir nos enfants », sic Emmanuel Macron et je vous invite donc à consulter le fact-checking suivant), il me semble important de nous rappeler que les mécanismes de domination qu’on nous inflige sont souvent insidieux, et prennent place dans un contexte où ceux qui provoquent la crise et qui lui apportent la réponse sont souvent les mêmes. Ainsi du néolibéralisme qui crée des déserts alimentaires et y multiplie ensuite des chaînes de fast-food où l’on sert une nourriture toujours plus opulente, toujours plus grasse et toujours moins chère. Ainsi de l’Académie française qui s’acharne à maintenir un système orthographique délibérément compliqué pour opérer une domination de classe dans notre rapport à la langue, conduisant ainsi à une utilisation de l’IA dans la rédaction de plus en plus fréquente[8].
Ce que je veux dire par là, pour conclure ce texte que j’admets interminable, et dont je voudrais pouvoir développer toutes les pistes de réflexion, c’est que mon propos n’est pas ici de jouer à la donneuse de leçon. Je me sens concernée au premier chef par les idées que j’avance et, surtout, tiens à souligner que ce n’est en aucun cas l’individu que je blâme – le citoyen, la citoyenne – mais bien le système qui produit ce que je considère être une réelle menace pour nos consciences.
Le sociologue Robert Castel a posé que l’hypermodernité produisait deux types d’individus, l’individu par excès et par défaut. Le premier vivrait dans un trop permanent – excès de consommation, de stress, de sollicitation et qui, « en quête de performances toujours plus grandes, se brûl[e] dans l’hyperactivité tout en se débattant dans un rapport au temps toujours plus contraignant »[9]. Le second représente l’envers du décor : désinséré, mis au ban, par défaut de liens et de structures stables, il flotte doucement vers l’éloignement des rives du social. Cette typologie est archétypale mais représente bien les risques dont il faut nous prémunir : ni abandon ni consumation dans la fatigue. La joie est essentielle pour prévenir tout burn-out militant.
Je n’ai pas réinstallé TikTok depuis cet instant de vertige qui m’a saisi, mais je me suis aussi apaisée (et peut-être bien que c’est lié, dans le fond). J’ai regardé ce qu’il y avait autour de moi, à ma petite échelle humaine, et les liens qui me rattachaient aux autres étaient jolis. En allant courir, le lendemain matin, Paris dépliait ses rideaux de pluie grise et collante. En passant devant le Jardin des Tuileries, j’ai vu une colombe s’installer dans un tas de feuilles mortes immobilisées par le givre. J’ai pensé à Laure Murat, qui dit « Toutes les époques sont dégueulasses ». Mais nous continuons de les habiter, dans nos conditions ténues et solides, fragiles, les pieds dans le sol, vivants.
[1] Auquel on peut reprocher beaucoup de choses, à commencer par sa misogynie, mais que j’aime malgré tout, et écoute souvent.
[2] Voir cet article, par exemple, et les ressources scientifiques auxquelles il renvoie en note de bas de page. https://www.polytechnique-insights.com/tribunes/societe/qi-mondial-en-baisse-realite-ou-panique-morale/#note-content-11
[3] Je préfère éviter toute confusion et dire clarifier ici ces dites positions, à savoir un féminisme intersectionnel et anticolonial, écologiste et anticapitaliste. Ça ne fait pas de moi quelqu’un de pur d’un point de vue militant (j’ai encore beaucoup de choses à déconstruire, à mettre en place et à apprendre), mais l’horizon que j’espère pour le monde est empreint de ces idéaux-là.
[4] Notons tout de même que d’un point de vue factuel, la fable est fausse : si vous plongez une grenouille dans l’eau bouillante, elle mourra instantanément. Plongez une grenouille dans l’eau froide, elle n’attendra pas pour jaillir en-dehors de son bocal. Cela n’annule pas, selon moi, la valeur métaphorique de la fable.
[5] Lui-même controversé et puisque mon propos ici est de réaffirmer que le salut des peuples est conditionné par son accès au savoir, voici quelques ressources à ce sujet : Poizat, J.-C. (2017). « Nouvelles réflexions sur la « banalité du mal ». Autour du livre de Hannah Arendt Eichmann à Jérusalem et de quelques malentendus persistants à son sujet. Le Philosophoire, 48(2), 233-252. https://doi.org/10.3917/phoir.048.0233.
[6] Ce n’est pas la première fois que je prends cette grande décision. Jusqu’ici, mon maximum d’abstinence est de six mois : souhaitez-moi bonne chance !!!
[7] Barbara Cassin, La Guerre des mots. Trump, Poutine et l’Europe, 2025, Paris, Flammarion, p. 128.
[8] Je nourris l’hypothèse depuis quelque temps que l’insécurité linguistique est un facteur explicatif majeur de notre recours à l’intelligence artificielle pour l’écrit dans des champs toujours plus vaste – correction, lettres de motivation, mails, interactions sociales basiques. Or, d’un point de vue logique, les choses se déroulent comme suit : orthographe comme outil de domination classiste > insécurité linguistique > recours à l’IA > homogénéisation de la langue et de la pensée > fascisme. C’est le serpent qui se mord la queue.
[9] Nicole Aubert (dir.), « Un individu paradoxal », dans L’individu hypermoderne, Érès, 2006, p. 17.
